Utérus et vaccination: un autre son de cloche

Utile, la vaccination des jeunes filles contre le cancer du col de l’utérus? Au Canada, la réponse négative d’une éminente chercheuse fait beaucoup de bruit. En Belgique, évidemment, on fait semblant de n’avoir rien entendu.

En Belgique, la pertinence d’adopter un programme de vaccination pour protéger les adolescentes et les jeunes femmes contre le virus du papillome humain (VPH) ne souffre aucune discussion. Les pouvoirs publics et les associations de lutte contre le cancer épousent totalement  le discours des fabricants de vaccins, et aucune voix dissonante ne se fait entendre. Dernièrement, le gouvernement, a même décidé que le vaccin Gardasil serait remboursé dès le 1er décembre pour les jeunes filles de 12 à 15 ans. La communauté française n’est pas en reste puisque Marie Arena annonce des « mesures de prévention » dans les écoles et envisage la possibilité de faire administrer le vaccin par la médecine scolaire. La campagne vaccinaliste bat son plein, et l’industrie n’a même pas besoin d’y ajouter un coup de pouce publicitaire privé. Les médias, comme d’habitude, relayent docilement la propagande officielle sans se poser de questions. Bien entendu, cette belle unanimité et la présence en terre wallonne du laboratoire GlaxoSmithKline, lui aussi producteur d’un vaccin contre le cancer du col de l’utérus, relèvent de la simple coïncidence…

Au Canada, c’est le même scénario. Un comité d’experts a recommandé de vacciner les fillettes dès 9 ans et les autorités fédérales ont immédiatement débloqué un budget de 300 millions de dollars à cette fin.

Mais dans ce pays, un son de cloche différent vient de tinter. Et pas n’importe lequel. Spécialiste de la santé des femmes, Abby Lippman est chercheuse en épidémiologie à la prestigieuse université MacGill. Dans le journal de l’association médicale canadienne (JMAC), elle a déclaré qu’il n’y avait pas d’urgence justifiant une pareil précipitation. « Contrairement à la polio, il n’y a pas d’épidémie de cancer du col de l’utérus, pas de crise ni de problème majeur qui justifie le sentiment d’urgence » écrit-elle. Et la chercheuse d’expliquer que « le cancer du col de l’utérus arrive au 13ème rang des cancers mortels touchant les Canadiennes – soit près de 400 décès par année – ce qui est relativement peu ». Selon Abby Lippman, on surestime également les risques liés au virus du papillome humain: « deux souches de ce virus sont soupçonnées d’être responsables de 70% des cas de cancer du col de l’utérus. Mais l’infection du VPH se résorbe dans un délai de moins d’un an chez 70% des femmes atteintes, et dans moins de deux ans pour 90% d’entre elles ». En Belgique, ce fait est systématiquement passé sous le silence. Et ce sont des chiffres autrement plus effrayants qui circulent. Ainsi, dans une brochure de la fondation contre le cancer, on peut lire que plus de 99% des cancers du col de l’utérus sont causés par le papillomavirus, que la maladie représente la deuxième cause de mortalité par cancer en Europe chez les femmes, et qu’elle est à l’origine de 300 décès par an dans notre seul petit pays. Si l’on en croit cette dernière donnée, les Belges seraient donc trois fois plus vulnérables que les Canadiennes. Et chez nous, l’issue serait fatale dans presqu’un cas sur deux. Il faudrait à tout le moins qu’on nous explique les différences statistiques entre les deux côtés de l’Atlantique. Exagération? Manipulation?

Aussi

Source: Bio info magasine n°73 – Octobre 2007

Publicités

3 réponses à “Utérus et vaccination: un autre son de cloche

  1. Je dédicace ma dernière chanson aux médecins, aux labos, aux clients (patients), à la sécu et sutout au chef d’orchestre l’Etat SARL…
    http://www.cyril-llorens.com/news/monmedecin/monmedecin.php

  2. Pingback: Col de l’utérus: une vaccination lucrative…à risque « Vision d’époque

  3. Quel est le principe de la vaccination ?
    Chez l’adulte, les principes de vaccination reposent sur le meilleur rapport entre les bénéfices escomptés (le fait de ne pas attraper la maladie), l’innocuité ou la bénignité des effets secondaires.

    Pour en savoir plus:
    http://www.cliniquemedicale.info/page.asp?s=Quel-est-le-principe-de-la-vaccination

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s