Tuvalu: Futur modèle climatique et « Réfugiés climatiques »

L’archipel de Tuvalu se trouve au beau milieu du Pacifique, à plus de 2 heures d’avion des îles Fidji. Micro-nation de 11.000 habitants, disséminés sur neuf îles dont l’altitude moyenne ne dépasse pas les 3 mètres au-dessus de la mer, Tuvalu est le premier état souverain dont la terre, déjà incultivable, risque de devenir inhabitable d’ici 50 ans à cause du réchauffement climatique et de la montée des eaux qui en découle. L’association Alofa Tuvalu y construit un centre de formation et de démonstration aux énergies renouvelables exemplaire, préfigurant un modèle de développement durable autonome.

L’archipel de Tuvalu est connu, malgré lui, car parmi les scénarios du réchauffement climatique, certains prévoient que la montée des eaux recouvrira complètement les îles. Pourtant, aujourd’hui la dépendance de Tuvalu au pétrole est quasi totale. Elle représente « presque 100% des besoins énergétiques du pays dont près de 40% pour le transport maritime de personnes et de marchandises et plus de 40% pour l’électricité et la cuisine » rappelle Fanny Héros, chargée de mission de l’association Alofa Tuvalu, créée en février 2005 afin de sauvegarder la culture, la population et la terre de Tuvalu de la submersion. Les inondations des grandes marées, les remontées d’eau de mer dans les sols favorisent l’abandon des cultures et le recours à l’importation. « Cela se répercute par une hausse du prix de la nourriture importée, en général très chère (40 % plus élevée qu’à Fidji), ce qui entraîne un appauvrissement du bol alimentaire des tuvaléens et se traduit, par exemple, par une augmentation des cas de diabète » poursuit Fanny Héros.

 » Small is beautiful  » : 10 ans pour atteindre l’autosuffisance énergétique

Imaginé par Gilliane Le Gallic, co-réalisatrice du documentaire « Nuages au Paradis » et présidente de l’association Alofa Tuvalu, le plan décennal « Small is beautiful » a été lancé en 2004 afin de transformer l’archipel – avant sa disparition annoncée – en une éco-nation modèle « dans tous les domaines du développement durable : eaux, déchets, énergie, biodiversité des espaces naturels et côtiers. »  Des toilettes sèches aux chauffe-eaux solaires, aucune option n’est écartée.
Soutenu par le gouvernement tuvaluen et la population, suite à l’étude menée au cours de l’été 2005, le projet s’est associé au Tuvalu Maritime Training Institute (TMTI), une école maritime d’une centaine de personnes installée sur Amatuku, un îlot de 0,1 km2 à 10 km au Nord de l’île capitale Funafuti. Ce centre de démonstration et de formation aux énergies renouvelables, dont la construction est programmée sur 2 ans et demi, sera « très orienté biomasse, avec la mise en place de deux biodigesteurs méthanisant les déjections porcine et humaine, » détaille Fanny Héros. « Une unité de production de biocarburant, obtenu à partir d’huile de noix de coco, est également prévue. » 2 hectares de cocotiers satisferaient les besoins en diesel des bateaux de l’école et de 20 %  du générateur électrique local. Des containers et compacteurs de déchets sont aussi prévus en complément.
Le vent bien sûr n’est pas oublié, même si aucune étude n’a évalué le potentiel éolien des îlots de Tuvalu. Des mesures préliminaires, d’un an, sont envisagées ainsi que l’installation d’une éolienne à pales horizontales, de type Windside. Cette éolienne de l’extrême fonctionne à vents très faibles et très violents, générant près de 50 % d’électricité en plus.

Un  » show-room  » du développement durable en zone Pacifique ?

« L’idée est de faire de Tuvalu un atoll pilote, » poursuit l’association. Permettant de tester par exemple les meilleures méthodes d’enfouissement des cuves de méthanisation ou la résistance des matériaux à un environnement salin, typique des îles coralliennes. « Tuvalu était jusque-là une victime, maintenant il va devenir l’exemple à suivre, » résume Fanny Héros.
Sans équivalent, cet ambitieux chantier, soutenu par des institutions françaises comme le Fonds Pacifique du ministère des Affaires Etrangères, l’Ademe et l’Ambassade de France à Fidji, doit concorder avec le début des travaux de rénovation des bâtiments du TMTI, financés par la Banque Asiatique de Développement (ADB). Le PIGGAREP, programme de l’ONU de réduction des émissions de 30 % des gaz à effet de serre d’ici 2015 de 10 Etats insulaires du Pacifique, Tuvalu inclus, s’intéresse également à l’initiative française. Avant peut-être d’étendre et dupliquer à toutes les nations du Pacifique, les équipements et solutions de bioénergie mis en place à Amatuku et Tuvalu.

Source: Novethic

Aussi: Alofa Tuvalu

 

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