Dubaï La Sauvage

Plongée dans Dubaï, mélange fascinant et terrifiant de capitalisme sauvage, d’absolutisme féodale et d’extravagance urbanistique. Par le journaliste américain Mike Davis, auteur de city of Quartz.

« Votre avion commence sa descente, vous êtes littéralement scotché au hublot. La scène est proprement stupéfiante: un archipel d’îles aux tons coraliens forme un puzzle presque complet de 60km2 imitant les contours d’une mappemonde. Des eaux vert émeraude et peu profondes qui séparent les continents surgissent les silhouettes englouties des Pyramides de Gizeh et du colisée romain. Au loin, trois autres groupes d’îles en formes de palmiers enfermées dans des demi-lunes sont parsemées d’hôtels de luxe, de parcs d’attractions et d’un millier de résidences construites sur pilotis. Ces « palmiers » sont reliés par des digues à un front de mer digne de celui de Miami, où s’alignent les hôtels monumentaux, les tours résidentielles et les marinas. « Alors que l’avion vire lentement en direction du désert, un spectacle encore plus invraisemblable vous coupe le souffle: d’une forêt de gratte-ciels chromés surgit une nouvelle tour de Babel d’une hauteur invraisemblable – huit cents mètres, plus haut que deux Empire State Building empilés l’un sur l’autre. « Vous  n’avez pas fini de vous pincer l’avant-bras que l’avion atterit: le centre commercial de l’aéroport vous accueille, offrant aux regards concupiscents des montagnes de sacs Gucci, de montres Cartier et de lingots d’or d’un kilo pièce…

… suite de l’article ici

Pourquoi ce texte? Dubaï a acquis une extraordinaire notoriété depuis quelques années. Magazines et journaux du monde entier ne trouvent plus d’adjectifs pour qualifier le développement fantastique de cette petite cité-Etat de la péninsule arabique: Dubaï s’est surtout fait connaitre pour ses projets architecturaux pharaoniques et ses grattes-ciels gigantesques. Dans ce texte, initialement publié par la New Left Review Mike Davis dresse le portrait de cette future capitale du XXIe siècle, mélange fascinant et terrifiant de capitalisme sauvage, d’absolutisme féodale et d’extravagance urbanistique, fruit de la rencontre improbable « d’Albert Speer et de Walt Disney sur les rives d’Arabie ». Mais il décrit aussi les conditions de vie et de travail cauchemardesques des dizaines de milliers d’ouvriers et d’employés venus de toutes l’Asie pour transformer ce petit bout de désert en paradis pour touristes milliardaires et stars du show business. Traduction par Hugues Jallon et Marc Saint-Upéry (droits réservés).

A voir aussi les photos de Stéphane Compoint.

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